Articles

Les films québécois qui nous ont marqués

Par HollywoodPQ - May 28, 2019
Crédits: Source : Max Films, La Grande Séduction, Max Films inc.

Le cinéma québécois existe maintenant depuis plus de cent ans. Au cours de ce siècle, plusieurs pionniers ont laissé leurs traces et ont marqué l’histoire du cinéma québécois, comme Marcel Carrière, Denis Héroux, Roger Frappier et Jacques Godbout. Aujourd’hui, notre cinéma est reconnu mondialement et quelques réalisateurs, dont Jean-Marc Vallée et Denis Villeneuve, se sont taillé une place de choix dans l’industrie cinématographique américaine. Au cours des cent dernières années, plusieurs films québécois ont marqué notre société et notre histoire. En voici maintenant vingt:

La petite Aurore, l'enfant martyre

Crédits: Source : Elephant Cinema, La petite Aurore, l'enfant martyre, L'Alliance Cinématographique Canadienne inc.

Le film, réalisé en 1952 par Jean-Yves Bigras, raconte l’histoire vraie d’Aurore Gagnon, une petite fille victime de maltraitance de la part de sa belle-mère et de son père dans un village situé dans le centre du Québec. La petite Aurore est décédée d’un empoisonnement du sang à l’âge de dix ans à la suite de ses blessures. Son histoire est devenue le drame le plus connu du passé des québécois. Remis en mémoire par le théâtre, la littérature et le cinéma, Aurore a laissé une marque profonde dans notre histoire et beaucoup considèrent que son histoire a servi de point tournant de la justice pour les enfants au Québec.

Les Ordres

Crédits: Source : IMDb, Les Ordres, Productions Prisma

Le film Les Ordres, réalisé en 1974 par Michel Brault, traite de l’emprisonnement et du mauvais traitement de citoyens innocents à la suite de l’adoption de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement du Canada durant la crise d’octobre 1970 au Québec. Le film, considéré comme un docu-fiction, suit cinq personnages fictifs durant les événements de la crise d’octobre. Cet événement a marqué l’histoire du Québec et avec son œuvre, Michel Brault a revendiqué la liberté des Québécois.

Les bons débarras

Crédits: Source : Tiff Canada à l'écran, Les bons débarras, Production Prisma

Film de Francis Makiewicz sorti en 1980, Les bons débarras raconte l’histoire de Manon, 12 ans, qui vit dans un petit village avec sa mère et son oncle qui est légèrement retardé mentalement. Le seul but de Manon est d’avoir l’amour exclusif de sa mère et cela la pousse à faire des actions regrettables. Le film est considéré comme une œuvre majeure dans la cinématographie québécoise parce qu’il montre les difficultés que des familles du Québec peuvent vivre.

La guerre des tuques

Crédits: Source : Le Petit Septième, La guerre des tuques, Productions La Fête inc.

Film québécois catégorisé de comédie dramatique et réalisé en 1984 par André Melançon, La Guerre des tuques a été distribué dans plus de 125 pays. Ce film a été marquant pour plusieurs enfances québécoises et passe encore à la télévision chaque année dans le temps des fêtes. L’oeuvre raconte l’histoire de jeunes enfants qui, à l’arrivée du congé des fêtes, se lancent dans une guerre pour obtenir un butin qui sera partagé par les vainqueurs. Chacun choisit son camp et la guerre commence! De ce film provient d’ailleurs une réplique culte pour tous les Québécois: « La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal! ».

Elvis Gratton : Le king des kings

Crédits: Source : IMDb, Elvis Gratton : Le king des kings, Association coopérative des productions audio-visuelles

Elvis Gratton est un personnage culte dans l’univers québécois. Certains l’adorent tandis que d’autres le détestent, mais une chose est sûre : tout le monde connaît ce personnage sans filtre, hilarant avec une obsession pour les Américains. Plusieurs films lui ont d’ailleurs été dédiés. Celui-ci, réalisé par Pierre Falardeau en 1985, est une compilation des trois premiers courts-métrages, réalisés respectivement en 1981, 1983 et 1985. C’est un film moralement douteux qui a été critiqué maintes et maintes fois, mais qui au final, a marqué l’imaginaire des Québécois puisque Julien Poulin, l’interprète d’Elvis Gratton, s’en fait encore parler aujourd’hui!

Le déclin de l'empire américain

Crédits: Source : ONF, Le déclin de l'empire américain, Films René Malo, ONF

Ce film, réalisé en 1986 par Denys Arcand, met en scène un groupe d’intellectuels, composé en partie de professeurs de l’Université de Montréal. L’œuvre est un mélange de discussions, de réflexions et de partage de mœurs qui fait réfléchir et qui permet de poser un regard nouveau sur certains aspects de notre vie. Selon son réalisateur, il est le premier volet d’un triptyque composé également des films Les Invasions Barbares (2003) et L’Âge des ténèbres (2007).

Les Boys

Crédits: Source : Super Écran, Les Boys, Melenny Productions

Film québécois de comédie réalisé par Louis Saïa en 1997, Les Boys est le premier film d’une série de quatre qui raconte l’histoire d’une équipe de hockey. Cette même histoire est aussi racontée dans une série télévisée comportant 5 saisons. C’est connu, le hockey est le sport de prédilection du Québec. Rassembleur et populaire, ce sport est un peu comme l’emblème du Québec. C’est pourquoi un film traitant de hockey ne peut être autre chose que marquant. Le film rassemble également plusieurs personnalités québécoises connues, dont Marc Messier, Rémy Girard, Patrick Huard, Michel Barrette, Paul Houde, Luc Guérin, Serge Thériault, Patrick Labbé et plusieurs autres.

15 février 1839

Crédits: Source : Carl Valiquet, 15 février 1839, Téléfilm Canada

Ce film historique, réalisé par Pierre Falardeau en 2001, relate les faits de la tragique histoire de deux patriotes canadiens, dont François-Marie-Thomas De Lorimier, un héros canadien-français, pendus le 15 février 1839 à la suite de la rébellion des Patriotes en 1837 et 1838. Le film nous présente les raisons pour lesquelles ces deux hommes sont prêts à mourir pour leur cause. Ce film fait partie intégrante de notre histoire puisqu’il relate la lutte des patriotes afin de conserver notre culture québécoise et notre langue française.

La grande séduction

Crédits: Source : Max Films, La Grande Séduction, Max Films inc.

Film de Jean-François Pouliot sorti en 2003, La Grande Séduction raconte l’histoire du petit village de Sainte-Marie-la-Mauderne, accessible uniquement par voies maritimes ou aériennes. Avec leurs économies à plat, un projet d’implantation d’une usine de contenants de plastiques permettrait de relancer ce village et redonner une fierté à ses habitants. Or, le village aura besoin d’un médecin pour permettre l’arrivée de cette industrie. Commence alors une séduction de la part du maire et des habitants pour inciter le docteur Christopher Lewis de Montréal à rester dans le village. Ce film est marquant pour le Québec parce qu’il raconte l’histoire d’un village, mais une histoire à laquelle plusieurs petits villages peuvent s’identifier. En effet, le Québec contient plusieurs petits villages ayant de la difficulté à faire rouler leur économie et La Grande Séduction en dresse bien le portrait.

Les invasions barbares

Crédits: Source : National Canadian Film Day, Les invasions barbares, Cinémaginaire international, Pyramide Productions

Le film, réalisé en 2003 par Denys Arcand, met en scène presque tous les personnages qui étaient présents dans Le Déclin de l’empire américain (1986). En effet, on les retrouve 17 ans plus tard, alors que Rémy, interprété par Rémy Girard, début cinquantaine et divorcé, se retrouve à l’hôpital et que son ex-femme, Louise, rappelle en urgence leur fils, Sébastien, afin qu’il soit présent pour son père. Durant le film, parents, amis et ex-amantes se rendent au chevet de Rémy afin de lui offrir leur soutien ou plutôt de régler leurs comptes pour certains…

Dans une galaxie près de chez vous

Crédits: Source : VRAK, Dans une galaxie près de chez vous, Zone 3, TVA Films

Film de science-fiction humoristique très marquant pour une génération maintenant adulte, Dans une galaxie près de chez vous a créé tout un phénomène alors que plusieurs autres films ont suivi après ce premier opus et qu’une série télévisée avait déjà été présentée aux téléspectateurs entre 1999 et 2001. Le film est effectivement tiré de la série culte du même nom. Il a été réalisé en 2004 par Claude Desrosiers. Il met en vedette Guy Jodoin, Claude Legault, Stéphane Crête, Didier Lucien, Sylvie Moreau, Mélanie Maynard et Réal Bossé. Tous connaissent la fameuse introduction présente à chaque début d’épisode de la série et à chaque début de film: « Nous sommes en 2034, la situation sur la terre est catastrophique […] ». Le film prend place en 2039, alors que l’équipage du Romano Fafard est toujours à la recherche d’une nouvelle planète pour remplacer la Terre.

C.R.A.Z.Y.

Crédits: Source : Critikat, C.R.A.Z.Y., Cirrus Communications, CRAZY Films

Ce film, réalisé en 2005 par Jean-Marc Vallée, raconte l’histoire d’une famille québécoise des années ’70 qui a cinq enfants. L’œuvre se concentre plus particulièrement sur la relation entre le père, joué par Michel Côté, et son quatrième fils, né le 25 décembre. Le contexte du film est très fidèle à la situation des familles de classe moyenne du Québec des années ’60 et ’70. Le fils, Zachary, a des tendances homosexuelles et son père est donc partagé entre l’envie de le réprimander et celle de créer des liens profonds avec lui afin de lui montrer des jeux plus masculins. Selon une psychologue, Zachary possède des « dons » à cause de sa date d’anniversaire si spéciale, commune avec Jésus. C.R.A.Z.Y. montre donc l’évolution d’un enfant ayant un penchant vers l’homosexualité dans un environnement très religieux où l’homosexualité n’est pas acceptée.

Horloge biologique

Crédits: Source : Kebekmac, Horloge Biologique, GoFilms

Horloge biologique est le deuxième long-métrage de Ricardo Trogi, également réalisateur de 1981 (2009), 1987 (2014) et 1991 (2018). Le film, réalisé en 2005, raconte l’histoire de trois hommes dans la trentaine qui sont confrontés au désir de leurs conjointes respectives d’avoir des enfants. Chaque protagoniste vit une situation différente de ses collègues à ce sujet. En effet, l’un, Sébastien, est le papa d’un bébé de huit mois, la conjointe d’un autre, Paul, est enceinte et pour le dernier des trois, Fred, rien ne presse de ce côté-là.

Bon Cop Bad Cop

Crédits: Source : Netflix, Bon Cop Bad Cop, Park Ex Pictures

Film d’action canadien réalisé en 2006 par Érik Canuel, Bon Cop Bad Cop raconte l’histoire d’un policier québécois, David Bouchard, interprété par Patrick Huard, et d’un policier ontarien, Martin Ward, interprété par Colm Feore, qui doivent unir leurs forces pour retrouver un meurtrier, alors qu’un cadavre est découvert à la frontière entre le Québec et l’Ontario. Les deux policiers ont des traits de caractères et des valeurs complètement opposés, mais ils devront travailler ensemble pour résoudre ce crime. Petit fait intéressant: le film est complètement bilingue dans les deux langues, avec un sous-titrage croisé intégral (répliques en anglais sous-titrées dans la version française et vice-versa). À sa sortie, le film est un succès au Québec alors qu’il récolte quatre millions de dollars canadiens en 10 jours et plus d’un million en une fin de semaine selon les chiffres rapportés par IMDb, succès jusqu’à maintenant inégalé.

Babine

Crédits: Source : Télé-Québec, Babine, Cité-Amérique

Babine est un film québécois écrit par Fred Pellerin et réalisé par Luc Picard en 2008. Le film est donc inspiré des contes de Fred Pellerin et prend place à Saint-Élie de Caxton, un petit village tranquille et religieux. Babine, le personnage principal, est le fils d’une guérisseuse peu charmante surnommée « La Sorcière », c’est pourquoi les habitants lui attribuent tous les malheurs qui s’abattent sur le village. En plus de réaliser le film, Luc Picard y joue également le rôle de Toussaint Brodeur, un homme qui sera d’une grande aide pour Babine. Le film a été marquant pour le Québec parce qu’il représente bien l’amour des Québécois pour leurs contes et leurs légendes.

J'ai tué ma mère

Crédits: Source : Critikat, J'ai tué ma mère, Xavier Dolan, Daniel Morin (associé)

J’ai tué ma mère et le premier long-métrage écrit et réalisé par Xavier Dolan en 2009 et c’est ce film qui lui permettra de se faire connaître du public, soit lors de la projection publique à la 41Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, alors qu’il avait à peine 20 ans. En plus de tout cela, Xavier Dolan joue également le rôle principal, soit celui de Hubert Minel, un adolescent tourmenté qui déteste sa mère, Chantal, interprétée par Anne Dorval. Hubert cherche donc à reconquérir sa mère, à retrouver l’enfance heureuse dans laquelle il a grandi, mais chaque initiative de sa part ne fait que confirmer le gouffre qui les sépare. Le film met donc en lumière les difficultés auxquelles peuvent faire face un adolescent tourmenté et sa mère.

Polytechnique

Crédits: Source : Cinémathèque de Grenoble, Polytechnique, Remstar Productions

Le film, réalisé en 2009 par Denis Villeneuve, est fondé sur les faits réels de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal qui a eu lieu le 6 décembre 1989. La vie de plusieurs personnes a basculé lorsqu’un jeune homme s’est introduit dans l’école en ayant pour but de tuer le plus de jeunes femmes possible avant de se suicider. Alors, 20 ans plus tard, le film nous fait replonger dans cet événement tragique du point de vue de deux étudiants, Valérie, interprétée par Karine Vanasse et Jean-François, interprété par Sébastien Huberdeau. Le film est basé sur des témoignages des survivants du drame.

Incendies

Crédits: Source : Plot and Theme, Incendies, Phi Group Inc., TS Productions, micro-scope

Film dramatique québécois réalisé en 2010 par Denis Villeneuve, Incendies raconte l’histoire de deux jumeaux, Anne et Simon, respectivement interprétés par Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette, qui, à la suite du décès de leur mère, se voient remettre deux lettres par le notaire, une qu’ils devront remettre à leur père qu’ils croyaient mort et l’autre qu’ils devront remettre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Les jumeaux se lanceront alors dans une quête au Moyen-Orient, à la recherche de la vérité. Le film est adapté de la pièce Incendies de Wajdi Mouawad, elle-même inspirée de la vie de Souha Bechara.

Monsieur Lazhar

Crédits: Source : Vero Boncompagni, Monsieur Lazhar, micro_scope

Monsieur Lazhar est un film dramatique québécois écrit et réalisé en 2001 par Philippe Falardeau. Le scénario est une adaptation de la pièce Bashir Lazhar d’Évelyne de la Chenelière. Le film raconte l’histoire de Bashir Lazhar, un immigrant algérien, qui est embauché dans une école primaire pour remplacer professeure qui s’est donné la mort en se pendant dans sa salle de classe. Malgré le fossé culturel qui le sépare des enfants, Monsieur Lazhar apprend à les connaître et réussit à tisser des liens avec eux. Ce film marque d’ailleurs la première apparition de Sophie Nélisse au cinéma, alors qu’elle joue le rôle d’Alice, l’élève préférée de Monsieur Lazhar.

Mommy

Crédits: Source : Shayne Laverdière, Mommy, Metafilms, Sons of Manual

Film dramatique québécois écrit, coproduit, réalisé et monté par Xavier Dolan, sorti en 2014, Mommy raconte l’histoire de Diane Després, interprétée par Anne Dorval, une veuve d’une quarantaine d’années habitant en banlieue de Montréal, qui récupère la garde de son fils, Steve, un adolescent souffrant de troubles psychiques. Le film se passe dans un futur proche, au Canada, alors qu’une nouvelle loi, la loi S-14, autorise les parents d’enfants très difficiles à confier ceux-ci à une institution d’État ressemblant à un hôpital psychiatrique pour mineurs. Diane est donc partagée entre l’envie d’aider son fils et celle de se résoudre à utiliser la loi S-14. Le film a d’ailleurs remporté le Prix du jury au Festival de Cannes en 2014.